A partir du mois d’octobre 2017, vous aurez l’opportunité de découvrir une importante exposition intitulée : « Les protecteurs de l’exil républicain espagnol : errance et pèlerinage », dans le hall de la BU du Mans, exposition à l’initiative du département d’Espagnol de Le Mans Université et du laboratoire 3L.AM langues, littératures, linguistique des universités d’Angers et du Mans.
Cette exposition s’inscrit dans un contexte historique qu’évoque Mr Rocardo Tejada, directeur du département d’Espagnol de l’Université et organisateur de l’exposition :

« Le 21 octobre 1937, l’armée nationaliste espagnole s’empare de toutes les provinces du Nord. Autour de 160000 personnes doivent fuir l’Espagne et se refugier d’une manière définitive en France, ou ailleurs, ou, assez souvent, juste quelques jours avant de rentrer dans la zone républicaine. Au mois de février 1939, c’est la chute de la Catalogne et la « Retirada ». Autour de 470 000 personnes (selon les chiffres de l’historien J. Rubio) doivent franchir la frontière, dans des conditions pénibles, pour se réfugier en France. Le 1er avril de cette année, c’est la victoire définitive de l’armée franquiste. Il s’agit du flux migratoire, d’un seul coup, le plus important dans toute l’histoire de la France. »

Ces exilés participeront à développer un imaginaire de l’exil, de l’errance et du voyage, à travers des personnages qui les accompagnèrent dans leur périple. Ces personnages, figures mythiques ou « saints patrons laïcs » de l’exil, s’incarnent notamment en Cervantès, le Quichotte, le Cid, Ulysse, Dante, Sénéque, Lulle, Maïmonide, Vives, Victor Hugo, Machado, parmi bien d’autres.
L’exposition se centre sur ces figures imaginaires ou historiques et explore leur lien avec l’errance et l’exil à l’aide de nombreux livres, de panneaux, d’affiches, et même d’objets. Ces documents proviennent de diverses institutions à caractère culturel ou académique françaises et espagnoles.
Plusieurs conférences accompagneront cette exposition, avec la présence de spécialistes de l’exil républicain espagnol et de l’art espagnol du 20eme siècle. Plusieurs autres manifestations, telles une pièce de théâtre de Max Aub et une lecture publique en lien avec la thématique et réalisée par des étudiants, sont également programmés.
Que vous vous intéressiez à l’histoire et à la civilisation espagnole, ou encore aux problématiques des migrations et de l’exil à travers l’Europe et même le monde, nulle doute que cette exposition parviendra à susciter votre curiosité. Et si, comme l’affirmait René Char, « La rigueur de vivre se rode sans cesse à convoiter l’exil », il s’entreprit bien là, depuis les dures réalités de l’exil des républicains espagnols, le développement d’un complexe d’images fécondes et protectrices qui dressera une ultime espérance face aux périples objectifs et mortifères du déracinement et de l’errance des exilés espagnols.

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